Alliance canado-burkinabé

Coopérer pour le bien-être des populations VOUS DEVEZ ETRE LE CHANGEMENT QUE VOUS VOULEZ VOIR DANS CE MONDE (GANDHI)

JE ME PRESENTE

neneneigeuqamvignette.jpgAutres lieux autres mœurs : Mon adaptation

Ce texte est mon discours d’introduction (Discours c1 : Briser la glace) à Toastmaster Bobo Kuma et prononcé en juillet 2008 au Ran Hôtel de Bobo Dioulasso.

Introduction

« On ne naît pas femme, on le devient » citation extraite du deuxième sexe de Simone De Beauvoir. Tout individu quel que soit sa race, son sexe, son rang social, son ethnie change. Rien qu’à travers le cycle d’évolution de l’enfant, nous devons savoir que rien n’est statique dans ce monde en pleine mutation.

En effet, l’être humain dès le bas âge apprend à manger, à parler, à marcher, à écouter. Il est le produit social de son environnement ambiant.

Qui suis-je alors ?

Je suis née à Ouagadougou (Burkina Faso) d’un père d’ethnie moaga et de mère d’ethnie dioula. Je suis la benjamine d’une famille de huit enfants. Je me prénomme Sophie Franceline Irène et mon nom de famille est TAPSOBA. Mon nom et mes prénoms ont chacun un sens particulier. Sophie est le prénom de ma grand-mère paternelle, ainsi m’appelle t-on souvent Yabyouré en mooré qui signifie ‘l’homonyme de la grand-mère’ ou Pogyaanga qui signifie ‘la vieille’ ou encore ‘Nènè’ en Dioula qui signifie maman. Ce dernier surnom, donné par ma grand-mère maternelle, est le plus couramment utilisé par mes intimes. nenetradit.jpg

En latin, Sophie ou Sophia signifie sagesse. Il m’a été attribué pour que je reflète l’image d’une personne sage comme ma grand-mère. Irène, le dernier prénom figurant sur mon acte de naissance, m’a été donné par mon père. C’est le prénom que j’utilise le plus souvent. Il est tout aussi important que le premier car il signifie paix. Je ne connais pas l’étymologie du prénom Franceline que m’a donné mon frère aîné Franck. Par ailleurs, je retiens qu’il dérive du mot France. Ce prénom est aussi important que les deux autres. La France, pays colonisateur a pour langue d’expression le français. Cette langue constitue un pont entre les individus de différentes cultures, ethnies, nations, races et j’en passe. C’est le trait d’union qui a permis à mes parents, car d’ethnies différentes, de s’unir et de donner naissance à l’enfant que j’ai été. Elle permet également d’entreprendre la médiation entre les différents peuples.

Si mes prénoms sont maintenant connus de vous et vous renseigne un peu sur ma personne, qu’en est-il de mon nom de famille ?
TAPSOBA en langue ‘mooré’ signifie littéralement le propriétaire de l’arc. Selon l’histoire, les TAPSOBA étaient les garants de la paix, en somme, les guerriers. Alors, je m’appelle SAGESSE MEDIATRICE PAIX GUERRIERE.

Cependant me diriez-vous, Comment peut-on à la fois faire la guerre et semer la paix, quand on pense à ce qui se passe de nos jours en Irak, en Israël et dans bien d’autres pays ravagés par la guerre ? Et pourtant, j’ai fait mien ce dicton, je cite : « qui fait la guerre prépare la paix ». En somme, l’Irène que je suis, calme mais un peu nerveuse, ne tarde pourtant pas à présenter ses excuses quand elle a tort, et bien pire se culpabilise quand bien même elle a raison. Très sociable, elle sympathise avec toute catégorie de personnes et joue souvent le rôle de médiateur. A ce sujet, une amie Camerounaise à Montréal m’a surnommée ‘l’ambassadrice’.

Qu’en est-il de mon parcours académique et professionnel, reflètent-ils mon identité telle que décrite précédemment ?

J’ai fait mon primaire dans une école privée dénommée, Ecole Kindé Oumar, mes études secondaires au collège Notre Dame de Kologh-Naba, un établissement tenu par des religieuses. Je suis sociologue de formation, après avoir obtenu mon premier diplôme de maîtrise en 1996 à l’université de Ouagadougou. L’obtention de ce diplôme a été facilitée par le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI) qui m’a octroyé une bourse. De là naquit mon désir de poursuivre mes études à l’étranger. Mon rêve était d’aller au Canada. Je me suis alors lancée dans la recherche de bourses canadiennes. La seule bourse à laquelle je pouvais postuler était celle relative aux bourses de la francophonie. Mais, comme condition à remplir, il fallait avoir au minimum deux ans d’expérience professionnelle. C’est alors que j’acceptai le poste de conseillère en gestion des terroirs à Manga dans la province du Zoundwéogo, région réputée pour les pratiques occultes. Je fus animée de courage et d’enthousiasme car personne de mon entourage ne voulait que j’y aille.

A l’époque, la zone n’étant pas électrifiée l’on ne pouvait suivre les émissions de la télévision nationale ; celles de la radio nationale l’étaient occasionnellement. L’unique salle de cinéma qui existait ne fonctionnait plus, il y avait de cela plus de 3 ans. Je n’avais pour éléments de distraction que mon magnétophone et mes cassettes audio. Pourtant j’aimais tant aller au cinéma, danser et rendre visite à des amis et à des parents. Ce fut alors une surprise pour mes proches que mon adaptation fut si simple et rapide. En plus de l’isolement, j’avais aussi changé ma garde-robe. Je m’habillais comme les femmes de la province, car j’intervenais beaucoup dans les villages. ‘Grand-mère’ et ‘ensembles deux pagnes’ étaient mes principaux vêtements, si bien qu’on m’avait surnommée tantôt la villageoise, parfois la ‘pagneuse’ et même la sorcière ; mais cela était de bonne guerre.

Cette adaptation vestimentaire était pour moi une manière de créer un climat de confiance et de briser toute barrière de communication entre les villageois, surtout les femmes et moi. Ce qui fut une réussite dans l’exercice de mes fonctions. Après deux ans d’expérience professionnelle, ma candidature pour le programme canadien des bourses de la francophonie fut acceptée. Une nouvelle aventure commence pour moi.

D’un pays à un autre, comment s’est opérée mon adaptation à l’étranger ?

Du village, et après quelques mois de séjour à Ouagadougou, mon rêve était devenue réalité. C’est ainsi que le 17 Août 1999, je foulai le sol canadien. Les premiers jours ont été des moments d’excitation car je découvrais une autre culture, une autre nation. Tous les lauréats étaient arrivés au moins trois semaines avant le début des cours, ceci pour nous permettre de nous acclimater à travers une session de formation programmée à cet effet dans la ville fédérale, Ottawa. Je me demandais pourquoi tant de formations puisqu’avant de quitter le Burkina, j’avais bénéficié d’une formation organisée par l’ambassade dans le but de faciliter mon intégration une fois arrivée au Canada. Ce fut par la suite que je compris la nécessité de telles formations.

Je vécu mon premier choc culturel à l’université : là, professeurs et étudiants se confondent. J’avoue que le premier jour des classes je n’ai pu distinguer le professeur des étudiants du fait que les uns et les autres se tutoyaient. Je qualifiais d’emblée les étudiants d’impolis ; pire, ils mangeaient en classe pendant le cours. Ayant grandie dans un milieu ou les relations sont très hiérarchisées (aussi bien au niveau social que dans le milieu scolaire), il était difficile de déceler l’idéologie qui se dégage de ce trait culturel. Je compris par la suite que ce trait culturel avait l’avantage de faciliter le contact entre les individus en brisant toute barrière de communication.

La rudesse du climat en hiver également a été l’un des chocs culturels que j’ai vécu au Canada. De 45 degré à l’ombre à -40 degré avec un sol tout blanc de neige, ce n’est pas facile pour une sahélienne.

Si mon adaptation a été facile à Manga, elle l’a été par contre difficile au Canada.
En effet, la différence de cultures ne me permettait pas de me fixer des repères, si bien qu’au départ, je m’intéressais uniquement aux activités africaines (soirées sénégalaises par ci, barbecue ou pique nique organisés par l’association des burkinabé par là, messe africaine etc.) au détriment des soirées récréatives organisées par l’université ou le département de sociologie (par exemple, les 5 à 7 etc.). J’étais si proche des africains que mon appartement était devenu un pied-à terre pour une majorité de burkinabé et des gens d’autres nationalités. Finalement j’étais devenue une personne-ressource pour l’accueil et la formation des nouveaux étudiants du Programme Canadien des Bourses de la Francophonie. J’étais le guide de bon nombre d’étrangers au Canada, en l’occurrence des burkinabé, et c’est pourquoi mon amie m’a attribué le pseudonyme d’ambassadrice du Burkina au Canada. Malgré les petites difficultés que j’ai vécues, j’ai développé des astuces pour faciliter mon intégration à cette société qui m’était étrangère : J’ai intégré le club de sociologie de l’université, l’institut de recherche en études féministes, le club entrepreneur des étudiants de l’UQAM où j’étais vice-présidente en administration. Je suis également membre de plusieurs associations africaines et mixtes dont par exemple le Réseau Africain en Environnement, Africassum, le groupe échange-Québec-Afrique du centre Afrika où je suis membre fondatrice etc. Pour faire connaître le Burkina et surtout le statut économique et social des femmes, j’ai été invitée à plusieurs reprises à donner des conférences aussi bien à l’université que dans les organismes communautaires. Le fait d’avoir vécu en colocation avec des québécois et d’avoir été hébergée gratuitement par des sœurs religieuses pendant un an m’a permis davantage de connaître et de comprendre la culture de ce pays et de faire connaître la mienne aussi. J’avais un petit instrument de musique traditionnelle que ma mère m’avait offerte lors d’un de ses voyages aux USA. C’est une calebasse, avec des cauris tout autour qui émettent des sons. Avec cet instrument, je participais à l’animation des messes multiculturelles en accompagnant les chorales.

Par ailleurs, je peux dire que ma réadaptation dans mon propre pays n’est pas si évidente. Je me sens soit rejetée quelque fois ou trop respectée et ce n’est pas facile de trouver le juste milieu. Faut-il que je me comporte en étrangère parce que coopérante canadienne ou faut-il que j’agisse en tant que ressortissante de ce pays ! De sérieux défis à relever. Etant donné que j’ai des aptitudes pour les mouvements associatifs, je milite dans quelques associations dont le club toastmaster de Bobo Dioulasso qui est un club de formation à la communication en public.

Conclusion

En somme, il y a un lien intrinsèque entre mon être et mon devenir. Ma personnalité trouve tout son sens dans mon identité. Tout individu a besoin de prendre de l’élan quelque soit l’endroit où il se trouve. Je défend de nos jours, les couleurs de deux patries, celle du Canada que je représente dans mon pays en tant que coopérante volontaire internationale, et celle de mon pays, le Burkina Faso, ma terre natale où j’ai poussé mes ailes. D’où l’intitulé de ce blog ALLIANCE CANADO-BURKINABE

23 commentaires »

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  1. Hamza KONE dit :

    Bonjour Néné,
    Voici une autre manière de briser la glace et de fondre la neige aux pieds des loups de l’ONTARIO.
    Congratulations!!!!
    Hamza

  2. DOUKOURE dit :

    salut
    j avoue que je suis content de tomber sur ton blog.
    sache que je te soutiens de tout coeur dans ce que tu fais.
    Moi je suis fier de retrouver les burkinabés partout dans le monde;
    merci

  3. R.C. SAWADOGO dit :

    Bravo, Irène!
    On ne finit jamais d’apprendre et de se former!
    Je t’encourage dans cette volonté et cette capacité d’adaptation et de dépassement des situations quelque peu contrariantes.
    Bon vent!

    R.C. SAWADOGO
    18.10.08

  4. Bonjour Mr. SAWADOGO,

    c’est un réel plaisir pour moi de lire votre commentaire. Je vous suis grée d’avoir guidé mes premiers pas en sociologie du développement. Merci également d’avoir dirigé mon mémoire de maîtrise à l’université de Ouagadougou ainsi que tous les services que vous m’avez rendu pendant mon séjour au Canada. Ma gratitude va également à l’endroit de tous les professeurs du département de sociologie de l’UO. Tout sociologue devrait s’adapter aux situations qui lui sont offertes, ce n’est pas toujours évident certes.

  5. Michel TOE dit :

    Chère amie, permets moi encore de te dire merci d’avoir lors de ton passage à Ouaga, accepté de partager avec la famille TOE le repas d’un soir.
    Dans toutes tes entreprises, nos prières t’accompagnent.

  6. Mr. Mme TOE, vous avez bien joué votre rôle d’esclave en recevant cordialement votre chef. C’est de la parenté à plaisanterie entre ethnie samo et ethnie mossi pour ceux qui ne savent pas. Merci pour ce repas succulent et bien de choses à toute la famille.

  7. HIEMA DAVID dit :

    Bravo! je te trouvais très reservée mais au fond t’es une femme d’action. j’apprecie bien tes ecrits. rendez-vous pour ton C5. Je te promets de plus rater un seul de tes discours.je te souhaite courage et réussite dans tes entreprises.

  8. Hello David de Toastmaster,
    merci pour ces beaux commentaires. c’est vrai je suis tres reservee et je compte sortir de ma reserve a travers toastmaster. Je suis contente que tu renoues avec le club, mais ne viens pas seulement pour mes discours car j’ai peur de vous decevoir les autres fois.

  9. David HIEMA dit :

    Salut très chere amie Irene je renoue pour de bon avec le club. Sache que vous trois (docteur Kientega, Hervé Zongo et toi) votre devouement a reveiller les quatre personnages (l’explorateur, l’artiste, le juge, le conquerant)du scénario de la créativité qui sommeillaient en moi.
    Plus je te decouvre à travers ton blog et le club plus je te trouve interessante.
    encore félicitation et à jeudi.

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