Alliance canado-burkinabé

Coopérer pour le bien-être des populations VOUS DEVEZ ETRE LE CHANGEMENT QUE VOUS VOULEZ VOIR DANS CE MONDE (GANDHI)

Archive pour février, 2009

Le centre Afrika : un cadre d’échanges multiculturels

Posté : 28 février, 2009 @ 9:44 dans La COOPERATION INTERNATIONALE | Pas de commentaires »

LE CENTRE AFRIKA

Le centre Afrika a été créé par des pères missionnaires d’Afrique. Il a été créé en 1988 et a pour objectif de favoriser l’insertion sociale des immigrants africains à montréal. A cet effet, il offre de nombreux services aux nouveaux arrivants en les orientant vers des organismes et associations d’aide à l’intégration sociale et économique. Pour cela, le centre dispose d’un répertoire de ressources de la ville de Montréal.

Créé par des missionnaires, le centre est pourtant ouvert aux autres communautés religieuses africaines (protestants, musulmans etc.) pour des activités communautaires (culte, réunions, conférences, baptême, mariage etc.). Tous les premiers dimanche du mois il y a la célébration de la messe catholique le matin et les protestants célèbrent leur culte dans l’après midi. Généralement très animées, ces célébrations religieuses attirent de nombreuses communautés culturelles (québécois, africains, européens, asiatiques etc.)

Le centre Afrika s’identifie aussi à travers le groupe Echange. Ce groupe était initialement dénommé Groupe Echange-Jeunesse et pour marquer davantage le lien entre l’Afrique et le Québec, il se nomme actuellement groupe échange Québec-Afrique. Par ailleurs, ce groupe est multiculturel car on y rencontre des asiatiques, des antillais, des européens etc. Une fois dans le mois, les membres du groupe organisent une soirée-causerie autour d’un thème d’actualité. Le samedi 21 Février une soirée a été organisée sur la diversité montréalaise (voir bintôt le compte-rendu de la soirée). Le but principal du groupe est de créer un pont entre les cultures et ce à travers des activités culturelles, des conférences, des causeries-débats et pour se découvrir davantage, chaque participant peut amener dans la mesure du possible un repas de son pays d’origine, car au cours de ces soirées, les participants partagent un repas ensemble.  Quelques photos ci-dessous de la soirée.

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Jean-François le coordonnateur du centre Afrika et du groupe qui présente son plat

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Talent Hangui Bin congolais d’origine présente son plat 

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Ce latino qui présente son repas

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Marc André québécois présente son plat

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Fort curieusement, ce sont les hommes qui ont fait à manger, les femmes n’ont fait que déguster ces plats succulents. Une bonne manière d’émanciper les hommes

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Un aperçu de la bouffe de la soirée du 21 Février 2009

Le coordonnateur Jean-François BEGIN, bien que québécois pure laine du lac Saint Jean, arrive à attirer du monde par son dynamisme et sa passion de l’Afrique. Il a été coopérant en Ouganda où il a rencontré sa femme Kirsten, coopérante allemande à cette époque. Ils inculquent les valeurs africaines à leurs enfants afin qu’ils soient bien cultivés et ouverts à toutes les communautés. D’ailleurs, pendant la messe, un de leurs enfants accompagne la chorale avec le djembé (tam-tam).

 

KORO : un village bâtit sur des rochers

Posté : 25 février, 2009 @ 11:30 dans TRADITION ET MODERNITE | Pas de commentaires »

KORO

Village situé à 6 km de la ville de Bobo-Dioulasso sur la route de Ouagadougou, Koro a été érigé à la suite des guerres tribales et des résistances à la colonisation. Il a été créé par un chasseur éleveur de volaille. Cette position stratégique de défense permettrait à ses habitants de surveiller et de mieux protéger le village des envahisseurs.

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Le village se subdivise en trois parties : le quartier des griots et des forgerons, celui des autochtones cultivateurs et enfin celui des dioulas commerçants.   

Il n’y a aucune ressource naturelle dans le village. Il n’y a pas de ressource hydrique et les femmes assurent la corvée d’eau de façon très pénible. Aussi, pour les constructions, toutes les briques sont confectionnées en bas. Les cultivateurs en saison hivernale séjournent dans leurs plantations agricoles et reviennent au village après les récoltes. Les artisans confectionnent leurs produits en haut mais doivent les amener au marché pour le commerce. Voyez par exemple cette dame qui confectionne de gros canaris qu’elle doit transporter en bas pour le commerce qui se fait hors du village.

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Les villageois ont leur forme d’organisation, un lieu où les sages se recueillent pour discuter des grandes décisions.

decisionroom.jpgLe village aussi a ses us et coutumes, il est formellement interdit à un visiteur de demander où se trouve le cimetière. Il y a tout un rituel autour de la naissance de jumeaux car ils sont considérés comme des génies, ou des esprits. Un fétiche spécialement pour les rites accompagnant la naissance de jumeaux existe dans le village et se présente comme l’indique la photo ci-dessous.

fetichekorojumeaux.jpgCe style de vie est ancré dans la mentalité des villageois qui ne sont pas prêts à habiter ailleurs malgré les conditions qui sont très pénibles. Il constitue l’un des patrimoines du Burkina et de nombreux visiteurs y vont pour découvrir et comprendre l’historique et l’organisation du village.

TANTIE PROPRE

Posté : 13 février, 2009 @ 11:00 dans FEMME d'ICI FEMME D'AILLEURS | 1 commentaire »

Dans FEMME ET PAUVRETE, un article rédigé lors de la journée mondiale de la pauvreté et qui est enregistré dans la rubrique FEMME D’ICI FEMME D’AILLEURS, j’avais promis de faire de petites investigations sur les activités informelles des femmes. Je me posais la question de savoir si la pauvreté rime toujours avec l’informel. J’ai interviewé une restauratrice de renommée couramment appelée Tantie propre. Cette interview donne certes quelques éléments d’appréciation car je n’ai pas voulu publier certaines informations. Vous constaterez cependant que la gestion reste traditionnelle et que le social y est de mise (j’ai moi-même reçu des jus de la part de Tantie propre). Alors je vous pose la question suivante, social et économie peuvent-ils toujours aller de pair ? Que faire pour venir en aide à toutes les personnes qui exercent des activités informelles ? L’interview a été réalisée en mooré le 3 Janvier 2009 à Ouagadougou. 

 

Irène TAPSOBA : Bonjour Tantie, je suis enfin venue aujourd’hui pour m’entretenir avec vous sur votre activité 

 

Tantie Propre : C’est vrai, je fais des sandwichs, depuis le début du projet de réaménagement de Koulouba et de Zanghuetin qui a occasionné le déguerpissement des anciens occupants, les travailleurs qui sont près d’ici m’ont demandé d’ajouter le repas du midi car beaucoup d’entre eux logent loin de leur service.

 

IT : Avant de vous laisser continuer, pouvez-vous vous présenter. Vous êtes surtout connue par votre pseudonyme Tantie Propre et je suis convaincue que beaucoup ne connaissent pas votre vraie identité.

 

TP : Je m’appelle Mme TOURE née SARE Fatoumata. Tantie propre ne vient pas de moi. Les mossis disent que ‘’Un enfant qui respecte son père recoît en contrepartie sa bénédiction’’ en mooré ’’big san dega ba noore a pamda barka’’. Quand j’arrive le matin, je ne m’empresse pas d’ouvrir le kiosque, je nettoie les alentours et même loin de mon kiosque. A l’époque la voie n’était pas bitumée, mais j’arrosais et je rendais les lieux propres. En ce moment, Moustapha THIOMBIANO venait d’ouvrir sa chaîne de radio Horizon FM et chaque matin, quand il vient  au service, il fait d’abord les cents pas vers mon kiosque. Je fus surprise quand je vis l’écriteau tantie propre un beau jour. Je posai la question au gardien qui me dit que la veille sitôt après mon départ, deux hommes sont venus avec de la peinture et se sont mis à l’œuvre. Il a usé de la parenté à plaisanterie pour me faire cette surprise et vint un autre jour me demander si le repas n’était pas prêt pendant que nous nous activions à la cuisine. Je lui dis ce jour là que c’est parce qu’il est gourmantché (une ethnie du Burkina) qu’il ne peut pas supporter la faim. En ironisant toujours, je lui demandai pourquoi il a ordonné l’installation du panneau au-dessus de mon kiosque. Il me dit que c’est parce que je suis yadéga (c’est ainsi qu’on désigne les ressortissants de la province du yatenga). Trèves d’ironie, il me félicita pour l’effort d’assainissement que j’ai entrepris depuis l’ouverture de mon kiosque et ajouta que c’est pour me gratifier qu’il a fait écrire TANTIE PROPRE et il précisa que désormais tout le monde m’appellera ainsi.

 

IT : Depuis quand avez-vous commencé cette activité 

 

TP : Depuis 26 ans. Avant d’entamer cette activité, j’avais appris à coudre pendant 9 ans au centre social, mais cette activité n’était pas rentable. Ensuite j’ai suivi mon mari qui était  affecte dans une province pour raison de service, la je vendais des habits. C’est de retour que j’ai fait la demande pour installer le kiosque, cela n’a pas été facile, la procédure a été longue mais je me suis créé un bon réseau. En effet, lors des éditions du FESPACO et du SIAO, les principaux organisateurs me contactaient pour que je vienne proposer mes services. Je vendais principalement des gâteaux et des jus maison (zoom koom, lembourgui, bissap). Très souvent, après l’ouverture officielle des différentes éditions, les autorités font la visite des stands et quand ils goûtent aux gâteaux, ils les trouvent si délicieux qu’ils demandent à en acheter. En général je prépare de gros sachets de gâteaux et je leur en offre gratuitement. Depuis quelques années, je ne participe plus ni au FESPACO ni au SIAO. J’ai plutôt formé des femmes qui en font leur activité principale de nos jours.

 

IT : Combien d’employés avez-vous 

 

TP : J’en ai 23 répartis dans les activités suivante la préparation du repas de midi (to, riz, frites, attiéké) la préparation et la vente des sandwichs, la préparation et la vente des jus, le ménage, la plonge, les courses etc. Les salaires varient de 15000FCFA à 30000FCFA selon l’ancienneté et le type de travail exercé.

 

IT : Au regard de vos charges arrivez-vous à épargner de l’argent à la fin du mois? 

 

TP : ma fille, je t’assure que je n’en tire pas profit. Des journalistes sont venus m’interviewer et je pleurais. Vu l’envergure de l’activité, beaucoup pensent que je prospère. Je suis très généreuse et sociable, je viens toujours en aide aux personnes en difficultés, je n’hésite pas à donner 5000-10000 et même quelques fois plus pour supporter ces personnes. J’ai plus d’employés qu’il n’en faut à force de vouloir aider les autres. Certains me demandent de les embaucher afin qu’ils puissent honorer leurs frais de scolarité, leurs parents n’ayant pas assez de moyens financiers pour les supporter.

 

IT : Evaluez-vous régulièrement vos gains et vos pertes? 

 

TP : Avec la vie chère, il y a la flambée des prix et nous ne faisons plus beaucoup de recettes. J’investie énormément dans l’achat des condiments, du loyer, des différentes charges (salaire, électricité, eau, téléphone, etc.). Je peux avoir environs 250 000 f par mois, mais je ne peux rien épargner. Habituellement je mets 150 000F CFA de côté mais je supporte également les charges à domicile car mon mari est à la retraite. J’ai demandé au propriétaire du local de diminuer le montant du loyer mais il menace d’en augmenter. Je me félicite sur un point, je ne dois à personne. Je paie le loyer chaque fin du mois sans retard ainsi que mes employés. J’avais 25FCFA comme bénéfice sur chaque baguette de pain, mais actuellement je n’ai que 15FCFA. Par ailleurs, je mets cette somme de côté pour pouvoir payer les impôts à la fin de chaque trimestre.

 

IT : Avec la flambée des prix n’avez-vous pas augmenté vos tarifs? 

 

TP : Je faisais le sandwich à 350FCFA, puis à 400 et maintenant à 500FCFA.

 

Interruption de l’interview par un visiteur 

 

Monsieur : Bonjour, je suis venue te saluer

TP : comment vas-tu

M : ça ne va pas aujourd’hui

TP : donnez lui de l’eau à boire

M : je ne veux pas d’eau

TP qui interpelle une de ses employées, donne lui de l’argent

 

La suite de l’interview 

 

IT : Pourquoi avez-vous été choisie par la société BF pour faire la promotion du savon? 

 

TP : Ils sont venus me voir parce qu’ils ont entendu parler de moi, l’un d’eux est venu de
la Côte d’Ivoire filmer mon restaurant. Ensuite nous avons mené des campagnes de sensibilisation sur l’hygiène et finalement j’ai été conviée à la finale à OUAGA 2000 pour recevoir le deuxième prix suite à ma prestation. Je ne voulais pas y aller car je ne parle pas francais et pour m’y encourager ils me dirent que le Président du Faso ne parle pas chinois mais il effectue des missions en Chine (rires).

 

IT : Quel est votre mot de la faim 

Les mossis disent ceci ‘’quand quelqu’un n’aime pas son prochain, il ne va pas chez lui’’ en mooré du yatenga ‘’ned san pa nonga to a pa tagda zakinye’’ c’est parce que vous avez de l’estime pour moi que vous êtes venue m’interviewer

 

IT : Vous ne me reconnaissez plus je quittais Kologh Naba soit 12Km d’ici et je venais manger vos sandwichs avec une de vos filles qui est amie à une de mes cousines. 

 

TP : Ah oui, j’ai quatre filles, mais aucune d’elles ne veut perpétuer l’activité que je conduis actuellement. Au départ, les étrangers avaient des doutes sur l’hygiène de nos aliments, surtout le foie. Mais quand ils viennent une première fois et qu’ils n’ont aucun problème de santé, ils reviennent quelques jours après et me disent que mes sandwichs sont bien faits. Les blancs aiment bien le bissap, ils en boivent jusqu’à ce que leurs lèvres deviennent rouges comme s’ils avaient porté du rouge à lèvres (rires). Je leur demande s’ils n’ont pas de maux de ventre après, ils me disent qu’au contraire ça leur fait du bien. Ils ne mangeaient pas le to, mais maintenant, ils réclament des sauces légume et de gombo. Je voudrais terminer en disant que toute personne qui fréquente mon kiosque et qui se plaint par la suite de problème de santé, qu’elle vienne me voir. C’est juste pour dire que je contrôle l’hygiène des services que nous proposons.

 

IT : merci beaucoup Tantie et bonne continuation 

 

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LE BAOBAB OU L’ARBRE A PALABRE

Posté : 4 février, 2009 @ 6:31 dans TRADITION ET MODERNITE | 1 commentaire »

LA VALEUR SOCIALE DU BAOBAB

La palabre est une coutume de rencontre et de création ou de maintien de lien social. Elle apparaît comme une véritable institution sociale à laquelle participe toute la population ou une partie de la communauté d’un village. Cette coutume permet également de régler un contentieux sans que les protagonistes ne soient lésés. En Afrique, on se réunit au pied de l’arbre à palabre, généralement le baobab, pour discuter des décisions importantes à prendre pour l’avenir d’une communauté.

Le baobab ou l’adansonia digitata, est un arbre qui a beaucoup d’importance en Afrique sub-saharienne. Il a une durée de vie qui peut dépasser 1000 ans. Le mot baobab vient de l’arabe buhibab qui veut dire «nombreuses graines». En effet le baobab produit un fruit que l’on appelle Pain de singe . Il possède une énorme valeur culturelle, sociale et symbolique car il est l’arbre sous lequel les griots s’installaient pour conter à l’ombre, mais également l’endroit idéal où se réunissent les anciens. On l’appelle d’ailleurs l’arbre à palabre et il fait office de « détecteur de mensonges » car il est le gardien de la vérité. Ainsi, des personnes peuvent jurer sous l’arbre quand on met en doute une de leurs affirmations. Selon les croyances,  cet arbre reste un arbre très mystique. Il a inspiré plusieurs légendes africaines, certains disent qu’un démon a arraché l’arbre, planté ses branches dans le sol et laissé ses racines en l’air. 

Au Sénégal, les griots y sont enterrés. Le griot occupe en pays sérère, comme dans une bonne partie de l’Afrique noire, le bas de l’échelle sociale. Méprisés et redoutés, les griots, mais aussi leurs femmes et enfants, n’étaient pas enterrés en pleine terre. En effet, s’ils l’étaient, le sol serait rendu stérile pour toujours. Lors du cérémonial funéraire, le griot revêtu de ses plus beaux vêtements, était porté jusqu’au baobab creux. A l’arrivée devant le baobab, les jeunes gens se précipitaient pour entrer les premiers, en se livrant à une lutte armée acharnée. Le combat ne cessait que lorsqu’un deuxième combattant a vaincu le premier : tous deux faisaient alors entrer le griot dans l’arbre sous les applaudissements et les chants d’éloges des femmes. Les deux vainqueurs étaient considérés comme des héros pour les jeunes filles, tandis que les autres jeunes hommes, vaincus au cours de cette lutte, avaient perdu leur honneur et avili leur famille. Au Burkina Faso, dans la région de Dakoro, on retrouve ce même mode de sépulture, exclusivement réservé aux lépreux et pratiqué par tous les Dogon de la plaine. Toutefois, ce sont les baobabs ayant une seule ouverture vers le haut qui étaient privilégiés ; les corps étaient alors descendus verticalement dans le creux. Ce mode de sépulture était provoqué par la crainte de cette maladie et le fait que si le cadavre était mis en pleine terre, la pluviométrie deviendrait insuffisante et que le sol, les céréales cultivées, les puits seraient souillés.

LE PAIN DE SINGE

Posté : 3 février, 2009 @ 11:36 dans INTERNATIONAL KELINA HEALTH FOOD | 7 commentaires »

RECETTE N* 1

Boisson à base de pain de singe

200g de poudre de pain de singe

1l de lait entier ou semi-écrémé (ou encore du lait frais de vache)

25g de crème fraîche (facultatif)

Sucre

Vanille

Mouiller la farine de pain de singe, essorer ensuite dans un récipient. Ajouter le lait, la crème fraîche pour une meilleure saveur. Sucrer à votre goût et la consistance à votre choix. Plus concentré, ce jus s’apparente au yogourt yoplait. Le pain de singe est le fruit du baobab, de son scientifique l’adansonia digitata. Lire à la suite les multiples usages de cet arbre.

Les vertus du baobab (extrait)

 Le baobab d’Afrique figure parmi les espèces fruitières de cueillette les plus appréciées par les populations sahélo-soudaniennes et la multiplicité de ses usages en fait l’une des espèces les plus utiles du Sahel. Partout en Afrique, les différentes parties du baobab – racines, tronc, écorce, feuilles, pulpe, graines – sont exploitées à des fins thérapeutiques, nutritionnelles et dans la pharmacopée traditionnelle africaine où le baobab entre dans la préparation de nombreux remèdes, tout particulièrement pour les problèmes digestifs mais aussi pour ses vertus anti-inflammatoires.

La pulpe du fruit est largement utilisée dans la medecine traditionnelle comme fébrifuge, analgésique, anti-diarrhéique, anti-dysentérique et dans le traitement de la variole et de la rougeole. La pulpe des fruits, généralement blanchâtre, mais pouvant être jaune ou rosée, appelée « pain de singe », est très riche en acide ascorbique (vitamine C, 2500 à 3000 mg/kg), soit à volume égal 6 fois supérieure à celle contenue dans une orange. L’acide ascorbique a un rôle extrêmement important du point de vue nutritionnel et thérapeutique, par exemple comme solution au scorbut.

La pulpe contient aussi des quantités importantes d’autres vitamines essentielles telles que la thiamine (vitamine B1), la riboflavine (vitamine B2) ou encore la niacine (vitamine B3 ou PP). Le goût acidulé de la pulpe est du aux acides organiques tels que l’acide citrique et l’acide tartrique. Si l’on devait comparer cette acidité à l’un de nos fruits, elle est un peu plus marquée que pour celle des raisins secs. Ces acides sont par exemple utilisés par les peuples pasteurs d’Afrique pour faire coaguler le lait. Dans 100 g de pulpe du fruit du baobab, il y a 75,6% de glucides, 2,3 % de protéines et 0,27 de lipides et permet d’obtenir 300 mg de vitamine C.

Les feuilles sont très riches en calcium et fer, en effet 33 grammes de feuilles sèches couvrent les besoins journaliers en calcium d’un individu: 100 g de feuilles fraîches (correspondant à 23 g de matière sèche) contient de 400 à 2600 mg de calcium. Dans la pharmacopée traditionnelle, les feuilles sont employées en compresses ou en tisanes.

 Enfin, les baobabs sont habités par des colonies d’abeilles qui se nourrissent de nectar de ses fleurs Elles produisent un miel fin et apprécié qui rappelle le miel de châtaigner ou encore le sirop d’érable.

Depuis quelques années, différents produits issus du baobab ont fait leur apparition sur le marché européen, principalement en Italie mais également en France. Les laboratoires pharmaceutiques se sont intéressés depuis de nombreuses années à cet arbre et ont peu à peu intégré ses diverses propriétés dans différents produits cosmétiques comme les crèmes, lotions, ou masques.

Une société strasbourgeoise distribue même du nectar de baobab « boisson énergisante, vitaminée » fabriquée à partir du pain de singe. Une entreprise horticole sénégalaise propose à destination de la France des baobabs produits sous le label « commerce équitable » en forme de plants-bonsaï de 1 à 30 ans pour une culture en pot sous nos climats.

 Les graines contiennent 15% d’une huile riche en acides gras essentiels (oléique, linoléique et linolénoique) qui est utilisée dans l’alimentation humaine et en cosmétique. Cette huile est plus riche en protéines que celle d’arachide. Elles sont également consommées fraîches ou grillées voir même torréfiées comme substitue du café. La farine obtenue à partir des graines peut contenir jusqu’à 48 % de protéines et 2 % de vitamine B1; elle mériterait d’être utilisée pour la fabrication d’aliments infantiles comme l’est la farine de caroubier en Algérie. La graine contient un alcaloïde, l’adansonine, qui est aussi utilisée comme contre-poison. D’un point de vue thérapeutique, l’huile soulage par exemple les douleurs provoquées par les brûlures.

Les coques des fruits une fois vidées de la pulpe farineuse sont utilisées comme assiettes, plateaux ou encore transformées en colliers, bracelets ou bagues.

 

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