Alliance canado-burkinabé

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Archive pour janvier, 2009

Présentation de l’association Aide-moi à Etre Mère (AEM)

Posté : 13 janvier, 2009 @ 6:58 dans FEMME d'ICI FEMME D'AILLEURS, LA SANTE DE LA REPRODUCTION AU BURKINA | 9 commentaires »

Aide-moi à Etre Mère (AEM)

A Ouagadougou lors de mon congés de fin d’année, j’ai rencontré une association assez exceptionnelle dénommée Aide-moi à Etre Mère. Cette association lutte contre le VIH/SIDA en prenant en charge des mères séropositives et des Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV). Ci-après une présentation de l’association et quelques photos de l’arbre de Noel auquel j’ai pris part.

PROBLEMATIQUE

Au Burkina Faso, les personnes vivants avec le VIH, particulièrement les veuves et les Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV) sont souvent rejetés par la société. Ils éprouvent des difficultés à se prendre en charge (vêtements, nourriture, logement, scolarisation des enfants etc.) et ne sont pas impliqués à la vie sociale. C’est au vue de toutes ces difficultés que l’AEM est née et entent lutter contre la stigmatisation et la marginalisation. L’association a identifié les principales difficultés que vivent les PVVIH qui sont

-         l’exclusion sociale

-         l’exclusion conjugale illégale

-         le retrait de la garde des enfants

-         la difficulté des femmes en âge de procréer à annoncer à leur époux leur sérologie

-         le manque d’information à propos des mesures de prévention 

 Le but de l’association est d’améliorer les conditions de vie des personnes infectées et affectées par le VIH/SIDA.

 OJECTIFS

 Les objectifs de l’association sont les suivants :

-         Réduire le taux de VIH de la mère à l’enfant

-         Assurer la prise en charge psychosociale des personnes infectées et affectées ainsi que les orphelins et enfants vulnérables

-         Informer les PVVIH des décisions prises à leur encontre tant au niveau local, national qu’international

-         Parrainer les enfants en difficulté

-         Apporter un soutien aux femmes enceintes séropositives afin qu’elles aient des enfants non infectés

 ACTIVITES

-         Groupe de parole – des clubs d’observance de repas communautaires

-         Visite à domicile et à l’hôpital

-         Soutien nutritionnel – AGR individuel

-         Parrainage – colonies de vacances – arbre de Noel

-         Soutien scolaire et médical

-         Examen biologique et clinique à 100%

-         Suivis scolaires à travers les visites à l’école avec l’appui d’un enseignant

De nos jours, l’association vient en aide à plus de 1680 personnes vulnérables de la ville de Ouagadougou et environnants.

PARTENAIRES

-         Centre Italien d’Aide à l’Enfance (CIA)

-         Programme d’Appui aux Activités du monde Associatif et Communautaire (PAMAC)

-         Centre d’Accueil Notre Dame de Fatima (CANDAF)

-         Action Enfance et Santé/BF (AES)

-         Réseau des Personnes Vivants et Affectées par le VIH au Burkina Faso (REGIPIV)

-         Centre Médical Saint Camille

ADRESSE

Association Aide-moi à Etre Mère

01 BP 5768 Ouagadougou 01 secteur 14

1200 logements villa N 776

Tel (226)50 36 85 74/ 70 34 13 31

Email aso_aem2004@yahoo.fr

BURKINA FASO

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Les enfants en fête

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Les préparatifs de la fête

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Des gadgets en attente d’être emballés

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LE NAB BASGA

Posté : 11 janvier, 2009 @ 5:07 dans TRADITION ET MODERNITE | Pas de commentaires »

VISITE DES VOLONTAIRES UNITERRA A SA MAJESTE LE MORO NABA BAONGO

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Le 27 Décembre 2008 était la fête coutumière, couramment appelée nab basga, du moro naba. En vue de comprendre la portée de cette fête coutumière, des volontaires UNITERRA et une canadienne en vacance au Burkina ont participé à titre personnel à quelques cérémonies dans la résidence du moro. L’accès a été facilité par l’un des ministres de l’empereur des mossis, le Larlé Naba Tigré et l’équipe a été guidée par le petit frère du Moro Naba Idrissa. Qu’est-ce que le Basga, Que comprendre de la chefferie coutumière au Burkina?

Avant la colonisation, le Moro Naba faisait office de chef suprême. Par ailleurs il occupe une place très importante dans les sphères de décisions. Il gouverne l’empire mossi et est entouré de ministres. Il est le principal garant des traditions et tous les jours il y a des cérémonies coutumières dans sa résidence. Le vendredi matin, il y a la grande cérémonie coutumière, dénommée le faux départ, dont une brève explication ci-après.

 Le faux départ : la cérémonie du faux départ est un acte symbolique qui commémore l’effritement du pouvoir du Moro Naba. En effet, cela date de très longtemps, le petit frère du chef, très jaloux, à l’époque s’était emparé des fétiches du pouvoir pour s’installer et créer son empire à Ouahigouya situé à 180 km de Ouagadougou. Le grand frère furieux décida de s’y rendre pour entrer en possession de ses fétiches. La population craignant le pire (guerre entre les deux protagonistes adeptes du Moro et ceux de son frère) supplia l’empereur des mossis de ne pas s’y rendre et de pardonner son frère. Le grand frère accepta donc de pardonner son frère qui avait imposé son autorité dans la nouvelle localité qu’il dénomma Ouahigouya. Pour commémorer cet acte, chaque vendredi à 8h du matin, une grande cérémonie officielle est organisée dans la cour du moro naba. Une petite description de la cérémonie : le Moro sort de son habitat vêtu en rouge, son cheval est également vêtu, prêt pour le départ. Il s’installe ensuite sur son trône et tour a tour, chefs coutumiers, musulmans, griots viennent demander pardon afin qu’il renonce à son voyage. Après consentement, le Moro se change en vêtement blanc, le cheval est déshabillé et quand il apparaît avec son nouvel accoutrement la population l’acclame car ils sont sûrs qu’il a pardonné son frère. On tire les canons et ensuite la fête commence. On sert à boire et à manger à la population. Cette cérémonie est ouverte au public avec l’interdiction de prise de vue. Avis aux amateurs.

Qu’est-ce que le Basga

A la fin de chaque année, les chefs d’Etat font un bref bilan de l’année écoulée et dégagent des perspectives pour l’année suivante. Au niveau de chaque service, des associations, des clubs etc. on organise très souvent des présentations de vœux. Cette occasion qui est sans doute un espace où l’on oublie les soucis du service, une occasion où l’on substitue travail au social, bref, une occasion au cours de laquelle se recréent les collègues, entre membres d’une même organisation afin de se resserer les liens, de se présenter des vœux.

Sur le plan traditionnel aussi, des cérémonies coutumières sont organisées chaque année après les récoltes. La tenue de telles cérémonies marque le début de l’année dans la tradition. Le 27 décembre 2008 a eu lieu le nab basga à Ouagadougou chez le chef suprême des mossi. Selon le frère du chef, les rites autour de cette cérémonie ne sont rien d’autres que des vœux que les tenants formulent à l’intention de toute la nation. Paix, santé et prospérité sont les principaux voeux formulés. Durant cette cérémonie, l’on remercie également les ancêtres pour la saison écoulée, que les récoltes soient bonnes ou mauvaises. Des vœux sont formulés également pour une saison plus généreuse. Après le basga du moro naba, tous les autres chefs coutumiers doivent organiser à tour de rôle cette cérémonie dans leur localité.

J’ai assisté à cette fête coutumière avec d’autres volontaires UNITERRA. Un constat général est que le non verbal est la principale forme d’expression. Alors, c’est évident que les non initiés comme nous soyons ignorants au regard des rites coutumiers. Pour dire que bien que certaines cérémonies soient ouvertes au public, car certaines se font purement dans le privé, il faut toujours se faire expliquer certaines pratiques traditionnelles. Nous avons assisté à deux cérémonies, la première en dehors de la cour du chef et l’autre à l’intérieur. Au cours de cette deuxième cérémonie, il y eu la bendrologie ou la communication par des instruments traditionnels, le bendré en mooré ou tam-tam en français. Des messages, à travers les sons du tam-tam, sont adressés à l’empereur et à chaque fin de message, la population voire les initiés acclament. Nous étions de simples observateurs car nous n’y comprenions rien. Tout le mystère qui entoure la chefferie doit être secrètement conservé et c’est pourquoi il y est formellement interdit de faire des photos ou des vidéos.

Je puis noter par ailleurs que le Moro Naba est très sympathique et nous a reçu très chaleureusement. Lui-même a été très touché par l’intérêt que nous avons porté à cette fête et nous a reçu en privé dans son petit salon pour échanger avec nous après nous avoir offert à manger et à boire. Très taquin, il demanda parmi les filles qui sera sa poug bila (petite femme ou épouse) alors, nous avons désigné Tiana Rodrigue, habillée en tenue africaine.

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Tiana (en gris) et Irène .

Il s’intéressa également à ce que chacun de nous fait comme travail. Quand Mélanie la vacancière lui dit qu’elle était étudiante en psychologie, il s’exclama en disant que s’il l’avait su plus tôt, il surveillerait son langage pour ne pas être une cible pour cette dernière qui pourrait faire des analyses sur lui. Cette remarque faite par le Moro était juste de l’ironie et le climat était si détendu et agréable qu’il nous invita à participer à la cérémonie suivante. Merci au Moro Naba, au Larlé Naba, au frère du Moro, Idrissa, et à toute la population pour cet accueil chaleureux.

Les impressions deTiana Rodrigue

On était très content d’avoir été honoré avec la présence du nab basga. Il nous a traité comme si on était les invités d’honneurs de la journée. La visite était très plaisante, j’était surprise de son sens d’humour qui a rendu la visite très agréable et relax. Il était très souriant et a même levé un toast à notre intention (même si je n’ai pas réalisé en ce moment que c’était une marque de satisfaction que j’étais la personne désignée dans le groupe pour être son épouse). -Tiana

Les impressions de Anne Descormiers

Le 27 est assez exotique. Une fois l’an le grand roi de Ouagadougou fête son couronnement. Grâce à Irène nous avons pu être introduit à la cour du Moro Naba (le grand Roi) pour lui offrir nos vœux et un coq. C est un grand honneur car pour être présenté, il faut en premier lieu avoir un intermédiaire qui fait partie de la monarchie des mossis. Nous avons pris un coq rouge vif aux couleurs chatoyantes, ousp c’est le blanc la couleur royal du Moro Naba, comme ses habits, ses souliers, ses moutons et les poulets blancs qu’on lui offre… Malgré ce manque au protocole et ma maladresse a maintenir le volatile lorsque j’ai présenté la bête, le Moro Naba nous a accordé une entrevue privé avec lui! J’étais bien heureuse de pouvoir le voir de plus proche. Le Mora Naba nous a expliqué que les festivités avait commencé à 4h00 du matin puis se poursuivrait toute le nuit. J’étais un peu intimidé, mais le roi est un homme qui détient l’art de la conversation et il nous a rapidement mis à l’aise. Ensuite il a repris les multiples cérémonies. Celles-ci étaient très protocolaires et traditionnelles avec les tambours, les crieuses et des coups de canons à répétions. Nous avons aucune photos car c’est sérieux la tradition, c’est pas un truc pour amuser les touristes. Le roi est un homme souriant, et son accueille chaleureux (bière et brochettes inclues!) à sa cour restera longtemps un moment précieux de mon séjour au Burkina Faso. Longue vie au Moro Naba! – Anne

HOMMAGE A JEAN MARC ELLA

Posté : 10 janvier, 2009 @ 5:03 dans La COOPERATION INTERNATIONALE | Pas de commentaires »

JEAN MARC ELLA, repose en paix

Chaque professeur se refère à un auteur bien précis pour préparer son cours. Aussi, ma directrice de recherche Mme Francine DESCARRIES de l’UQAM se refère beaucoup aux œuvres de Christine DELPHY, sociologue française, auteure et chercheure du CNRS depuis 1966, principalement dans le domaine du féminisme et des questions de « genre ». Par le biais de l’IREF (Institut de Recherche en Etudes Féministes), elle l’avait invitée à Montréal en 2007 pour animer une conférence sur la condition des femmes en Afghanistan, notamment les préjugés autour du port du voile.

Pour ne citer que deux professeurs de l’université de Ouagadougou, Mr Jean Bernard OUEDRAOGO se reférait tellement à Pierre BOURDIEU que la majorité des étudiants a fini par le surnommer BOURDIEU en imitant son accent. Quand à Madame KINDA/BADINI Fatou, Jean Marc Ella était son auteur privilégié en sociologie urbaine. Je vais m’attarder sur ce dernier auteur que j’eu moi aussi le privilège de connaître personnellement au Canada.

Quand j’étais étudiante à l’université de Ouagadougou, les bibliothèques étaient très peu fournies si bien qu’il était difficile aux étudiants de faire beaucoup de recherches documentaires à part les cours dispensés par les professeurs. Mais ne dit-on pas que qui cherche trouve. C’est ainsi que, sachant que Mme KINDA se reférait beaucoup à Jean Marc Ella, je fini par trouver le document de référence à la bibliothèque de l’ambassade des USA. Alors, à l’approche des examens, je m’appropriais bien ce document et citais quelques fois des passages qui ne figuraient pas dans le cours afin d’impressionner mon professeur.

Nous avons également tendance à idéaliser les auteurs. Qui penserait un jour rencontrer les principaux fondateurs de la sociologie comme Max WEBER, Emile DURKHEIM, Edgar MORIN etc. Ce fut un réel plaisir pour moi de rencontrer Mr. ELLA au cours d’un forum organisé par le CRDI et l’UQAM sur la décentralisation et le développement en Afrique à St Jean sur Richelieu situé à quelques kms de Montréal. Il en était l’organisateur principal avec Mme Bonnie CAMPELL, tous deux rattachés au département des sciences politiques à l’UQAM. Les origines ethniques des participants étaient assez variées (maliens, guinéens, sénégalais, haïtiens, québécois, burkinabé etc.) et l’intérêt de leurs recherches portait sur l’Afrique. Chacun illustrait ses propos par des exemples clés de son pays d’origine ou à travers des expériences vécues en Afrique. En rapport avec le thème, j’ai surtout parlé de la chefferie traditionnelle en ironisant sur le fait que les mossis (mon ethnie) aiment le pouvoir, ce qui m’a value le pseudonyme de GRANDE ROYALE que m’a attribué Jean Marc Ella. Grande, à cause de ma taille et Royale, du fait que je sois mossi, et ceux qui ont lu les aventures ambiguës de Cheikh Amidou KANE se souviennent bien de la grande royale dans cette œuvre. J’eu l’occasion d’admirer une seconde fois cet auteur (à savoir la pertinence de ses propos) au cours de la rencontre internationale des sociologues qui eut lieu à Québec en 2000 sur le thème : Une société monde ?. Je vis également Edgar MORIN que beaucoup connaissent pour sa complexité à travers ses œuvres, notamment son ouvrage intitulé l’imaginaire. Au cours de cette rencontre ce fut une surprise également pour moi de rencontrer mon professeur et maître de mémoire du Burkina Mr SAWADOGO R. Christophe. Je me suis rendu compte que ce n’était pas la première que lui et Mr. Ella se rencontraient. Il lui avait même offert auparavant un costume traditionnel du Burkina couramment appelée FDF (Faso Dan Fani) qui marqua énormément cet auteur spécialiste de la sociologie urbaine et qui ne cessait de m’en parler à chaque fois que je le rencontrais.

Je ne peux que faire une biographie succincte de cet auteur. Retenons que c’est un ermite camerounais en exil au Canada pour des raisons politiques depuis 1995. Il était au département des sciences politiques de l’UQAM et y allait fréquemment. Il vivait avec une de ses nièces, sociologue également et qu’il a beaucoup encadré quand elle préparait sa thèse de doctorat. Je fus annoncée de son décès par Monseigneur Anselme T. SANOU et cela m’affecta beaucoup. Que son âme repose en paix et que tout ce qu’il a semé de par le monde porte fruit. Il est décédé le 18 Décembre 2008 à Montréal.

 

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